Tag Archives: hacktivisme

Les hackers Anonymous contre le Venezuela. La vérité, le mensonge et l’ignorance à des lieues de Wikileaks

Par Orhpositivo
Publié le 22/01/2011
Traduction par macrophone

Vous avez déjà probablement eu connaissance de l’affaire Assange et Wikileaks.

Mais ce qui a peut être attiré votre attention c’est qu’un collectif de hackers nommé  « Anonymous » (connu pour le hacking et les cyber-attaques de Paypal, Visa, etc.) s’en est pris au Venezuela.

Leurs motifs semblent tirés d’un scénario d’USAID[1] , ceux qui se chargent habituellement de fabriquer les matrices de l’opinion publique, obtenant de très bons résultats dans les médias internationaux.

Avec ce pouvoir d’ubiquité et de sécurité indolente, caractéristiques du pirate, il est difficile de croire que ces « gens ordinaires qui luttent pour la liberté d’expression à l’intérieur et en dehors d’Internet » ne peuvent enquêter, consulter ou au moins lire les analyses sur la réalité  médiatique vénézuélienne.

En fait, pour attaquer les institutions d’un gouvernement sur Internet il faut au moins une raison valide et pertinente afin de justifier une telle aventure.

Cependant, il suffit d’une lecture sommaire du « manifeste » Anonymous pour se rendre compte de la superficialité des raisons et de la faiblesse des arguments. Jetons-y un coup d’œil.

Ci dessous, la déclaration des Anonymous[2]:

Déclaration d’Anonymous sur l’Opération Venezuela

Anonymous est un groupe d’individus indépendants sans leader. Nous présentons au peuple Vénézuélien et au monde nos décisions et réflexions à travers la déclaration suivante.

Anonymous sont des gens ordinaires qui se battent pour la liberté d’expression sur et en dehors d’Internet. Nous avons étés considérés comme des marionnettes, sans droits à protester, ni à demander quoique ce soit. Nous en avons assez et nous nous rebellons contre un système qui nous considère endormis et soumis, qui est convaincu que ses actions resteront impunies et que la vérité restera cachée à jamais. Ce système est le même qui a puni sans hésitations ceux qui ont tenté de mettre la vérité en lumière.

Pour cette seule raison, la défense inconditionnelle de la liberté d’Internet, nous comprenons qu’un changement de la Loi RESORTE est nécessaire. Il est clair que cette loi viole le droit individuel des personnes d’avoir un accès libre et sans censure à Internet.

Monsieur Anonymous : Parmi les articles inclus dans la Loi Resorte, on y trouve le numéro 27. C’est le fameux article touchant à Internet : Il impose des amendes entre 50 et 200 UT à qui ne respecte pas la réglementation sur les médias, incluant Internet, et interdisant la diffusion de messages qui :

  1. Incitent ou promeuvent la haine et l’intolérance pour des raisons religieuses, politiques, de différences de genre, pour racisme ou xénophobie.
  2. Incitent à promouvoir et/ou font l’apologie du crime.
  3. Peuvent être considérés comme propagande de guerre.
  4. Promeuvent la peur chez les citoyens ou troublent l’ordre public.
  5. Ignorent les autorités légitimement constituées.
  6. Provoquent un homicide.
  7. Incitent ou promeuvent la violation du droit existant.

Pour autant que je pense, je ne peux pas comprendre comment un article qui condamne le racisme et la xénophobie pourrait être un danger pour les droits de l’homme et la liberté d’expression. Cela d’ailleurs est valable pour tout l’article. Quoiqu’il en soit, ami estimé, au Vénézuela les médias privés appartiennent à l’oligarchie locale et se sont alignés de front contre le gouvernement Bolivarien : incitations à la rébellion civile, coups d’états, appels à l’assassinat, racisme politique et social, incitations à la haine et à la violence, appels à ignorer la loi, toutes ces « expressions » se sont faîtes dans l’impunité et la liberté la plus totale, amplifiées, dirigées et controlées par les médias privés.

Sur ce blog vous trouverez beaucoup d’informations là dessus.

De l’apologie du lynchage, ils vont jusqu’à publier des données personnelles privées. Tout est possible dans cette déchirante bataille politique, ce sont ici des choses banales qui se passent au sein des fractions politiques qui participent à la vie dans nos contrées.

Par conséquent, je suis en accord avec moi-même en considérant que cette loi est le minimum necessaire pour maintenir la stabilité de ce pays.

La liberté d’échanger des idées et de l’information est essentielle dans la construction d’une société libre. Nous rejetons et manifestons notre dégout pour l’arrestation par le CICPC[3] d’Enrique Acosta et de Carmen Nares, deux utilisateurs de Twitter qui sont aujourd’hui prisonniers à cause de leurs opinions.

Le Ministére Public a accusé Luis Enrique Acosta et Carmes Cecilia Nares, qui ont été arrêtés le 8 Juillet 2010 à Ciudad Bolívar (VEN), d’être en relation avec la diffusion massive de messages (BOT) par Internet contre le système financier vénézuélien. Non pas pour leurs opinions, ni pour leurs préférences politiques, ou pour leur liberté de ton, ils sont détenus pour avoir voulu provoquer une « corrida financière » (une mobilisation massive de clients qui retirent leurs capitaux de la banque) qui aurait déstabilisée le système financier national.

De fait, la Loi Resorte n’à pas été l’instrument juridique pour les condamner, la question dépassant celle des médias : ils ont été arrêtés pour avoir commis le crime de propagation de fausses informations, conformément aux dispositions de l’article 448 de la loi générale sur les banques et autres institutions financières.

L’instrument juridique invoqué dans cet article dit que : « Les personnes physiques ou morales qui diffusent des informations fausses ou qui utilisent d’autres moyens frauduleux suceptibles de provoquer des distorsions du système bancaire national qui affectent les conditions économiques du pays seront punies d’un emprisonement de neuf (9) à onze (11) ans ».

Lisez ça, Anonymous : http://www.correodelorinoco.gob.ve/judiciales-seguridad/dos-twitteros-detenidos-difundir-falsos-rumores-sobre-sistema-bancario/

Nous demandons au Commissaire Wilmer Flores Trosel, directeur du CICPC d’arrêter les investigations contre 15 nouveaux utilisateurs de twitter et de relâcher les deux prisonniers.

Mauvais ça. Très mauvais. Quel est le rôle d’Anonymous alors ? Un tribunal numérique qui passe outre les lois des nations, et qui détermine qui doit être condamné ou libéré ? Qui doit ou ne doit pas enquêter ? Pourquoi menacer personellement l’intégrité du Commissaire Flores Trosel, directeur de notre police nationale ? Ces menaces ont-elles étés proférées contre les chefs de la police d’Interpol quand vous avez attaqué PayPal ? Ces menaces, pour cesser les enquêtes sur ceux qui veulent que notre système financier s’effondre, cherchez vous vraiment à ce qu’elles se réalisent ? C’est vous et votre organisation qui assumeraient la responsabilité de la débâcle économique de milliers de familles vénézuéliennes si ces méthodes de mercenaires et détruisant la communication étaient autorisées par les gouvernements ? Que se passerait-il en Europe si l’on capturait deux usagers d’Internet envoyant de fausses informations causant la perte d’une banque d’état ? Est-ce simplement de l’ignorance sur ce dossier ou se cache-t-il d’autres intérêts derrières vos actions ?

Anonymous est concerné par les abus de pouvoir de l’Assemblée Nationale du Vénézuela démontrés par la Loi RESORTEDE[4]. Anonymous ne va pas rester inactif devant cette injustice. Nous croyons que quelqu’un doit faire ce qui est juste, quelqu’un doit apporter la lumière dans les ténèbres, quelqu’un doit ouvrir les yeux d’un public endormi pour prévenir et décourager d’autres abus de pouvoir qui passent outre nos droits inaliénables d’êtres humains.

Nous répétons que nos déclarations ne sont pas de nature politique et que nous poursuivrons nos manifestations tant que nos demandes ne seront pas réalisées.

En conclusion, nous appelons au Venezuela et de part le monde tous les citoyens dotés d’une conscience sociale ou pas, à nous rejoindre dans l’Opération Venezuela quelque soit vos possibilités.

Chacun dans son camp, au niveau d’implication qu’il désire, de manière à ce qu’ensemble nous nous unissions pour vaincre les oppresseurs, et vivions dans un monde où liberté d’expression n’a pas d’exceptions.

Nous sommes Anonymous, nous sommes légions, nous ne pardonnons pas, nous n’oublions pas, craignez nous.


Quand quelqu’un parle d’attaque préventive cela me donne des frissons. Surtout quand cela est dirigé contre une loi dont ils ne savent même pas écrire le nom4. Mais l’avertissement qu’ils ne cesseront pas les attaques me fait penser aux multiples attaques (Pas seulement les cyber-attaques. Dans cette partie du monde, les attaques de ceux envers qui nous manifestons, contre l’oppression des élites dirigeantes, l’asphyxie morale, sociale et économique du capitalisme, sont souvent fatales) dont ont souffert nos camarades dans ces années de Révolution Bolivarienne, et une indignation sourde se met à courir dans mes veines. Des milliers de paysans assassinés par les tueurs à gages des propriétaires fonciers, d’enquêteurs morts par explosions dans leur véhicules, des manifestants morts et d’autres nombreuses attaques contre notre peuple ne sont pas assez pour que le monde sache que dans ce processus politique se joue la création d’un modèle qui place l’homme en première place. Mais il est probable que vous ne comprenez pas ce dont je vous parle, Anonymous de la planète Terre. Peut être que vos machines, vos codes et vos vies binaires ont oubliés qu’il y a un espoir d’enterrer ce système. Ils ont aussi oublié qu’au Venezuela se pratique une démocratie vigoureuse et efficace, comme jamais vu auparavant sur ce continent et digne d’exemple pour les autres nations qui actuellement subissent les ravages d’un système pourri et paresseux assis sur des cadavres.

 

Nous non plus nous n’oublions pas. Vraiment. Nous n’oublions pas. Nous ne sommes pas fatigués. N’essayez même pas d’emmener le peuple de Feu Bolivar dans une confrontation qui ne sert à rien. Réfléchissez et présentez vos excuses. Il est encore temps avant que le train de l’histoire les embarquent dans le wagon des « on aurait pu ».

Source originale : http://orhpositivo.wordpress.com/2011/01/22/hackers-anonymus-contra-venezuela-la-verdad-la-mentira-y-la-ignorancia-lejos-de-wikileaks/


[1]: « l’Agence des États-Unis pour le développement international » . Selon l’ONG “Les Amis de la Terre”, les autorités américaines utiliseraient « la faim à des fins commerciales et politiques, au bénéfice des grosses industries agroalimentaires », notamment par le biais de l’USAID pour livrer du « maïs transgénique dans les pays d’Afrique australe ». Elle a fait l’objet de sanction du Government Accountability Office, bureau d’audit du gouvernement federal americain, concernant des scandales de fraudes. Cf. Wikipédia. NDT)

[2] Les déclarations des Anonymous ont été publiées en anglais dans l’article original (NDT).

[3] CICPC : Force Scientifique, Pénales et des Enquêtes Criminelles au Vénézuéla (NDT)

[4] La loi invoquée s’appelle la « Ley RESORTE » que l’on peut traduire par « Loi Printemps ». La déclaration des Anonymous la nomme à tort la loi RESORTEDE, mot qui n’a aucun sens en espagnol.