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Démocratie Réelle, un mode d’action d’occupation de l’espace public

Je triche et j’ai le plaisir d’inviter ici Antonin Moulart, qui à l’amabilité de publier ses articles sous licence libre CC-BY 3.0.

Démocratie Réelle, un mode d’action d’occupation de l’espace public

Antonin Moulart, le 22 mai 2011

En AG, le 21 mai au soir vers 21h30

Les citoyens s’émancipent des partis politiques et des syndicats qui ont échoué. La confiance dans ces institutions ultra-organisées, ultra-hiérarchisées et ultra-soumises à la domination économique sur la politique est au plus bas. C’est pourquoi, dans de nombreux pays, les citoyens demandent une constituante.

Beaucoup d’observateurs ne comprennent pas le mode d’action qui est utilisé. Certains qui soutiennent le mouvement se disent souvent déçu de ne pas voir une marée de monde recouvrir la bastilles, d’autres qui tentent de faire échouer le processus démocratique en prétexte que c’est une révolution qui n’est pas clair et qu’il ne peut que y avoir des débordements. Chères amies, chers amis, vous n’avez pas compris.

L’idée n’est pas de faire une manifestation avec beaucoup de monde pendant deux heures et repartir chez soit tranquillement comme le font régulièrement les syndicats de la société du spectacle. Pour ce nouveau mouvement il s’agit d’occuper l’espace public et de provoquer le débat, inviter les gens à descendre la rue pour échanger et construire quelque chose de commun. L’espace public est à nous tous et ce ne sont pas les demandes d’autorisations à la préfecture qui nous arrêteront. Cela se fait progressivement car il ne s’agit pas d’un engagement anodin. Il est nécessaire d’avoir une forte détermination et de souhaiter participer à faire changer les choses. Mais une fois que la détermination est là, rien ne peux arrêter une ferveur révolutionnaire qui se propage.

L’acampada comme l’ appel les Espagnols est un aménagement de l’espace urbain pour favoriser l’échange et le débat démocratique. Il s’agit de nous émanciper des structures syndicales, dont l’action est inefficace, et des partis politiques qui ne cherchent qu’à prendre le pouvoir, même sans idée. En Espagne, il n’est pas rare de voir des bibliothèques aménagés pour l’occasion, des cercles de discussions qui abordent les problèmes des vrais gens et tout un tas d’animation dans un cadre de convivialité, de réflexion et de festivité.

Ces trois premiers jours, malgré que les citoyens qui se sentent concernés par la politique française se soient réappropriés médiatiquement ce mouvement, la réalité sur le terrain a été différente. Ce sont les espagnols qui ont exporté la flamme révolutionnaire et qui l’ont entretenu en nous montrant comment faire pour s’émanciper intelligemment. Désormais, le mouvement est en train de se métisser fortement en France, même si globalement il est déjà Européiste et mondialiste car les acampada fleurissent partout progressivement. Il faut un mouvement du bas vers le haut, du local au global. La coordination global informelle existe déjà par le partage d’information permanent. Serait-on en train d’assister à la première révolution informationaliste ?

Billet paru dans Antonin Moulart - Blog d’un citoyen engagé.